Jean Vimenet : biographie / expositions

1914 Naissance à Tours, le 21 mai.

1928 Entre à l'École des beaux-arts de Tours à 14 ans. Il peint sa première toile, étonnante de maturité, au lieu-dit La Poudrière à Tours.

1931 Premier prix du concours Conté entre toutes les écoles des beaux-arts de France (Paris excepté). Maurice Mathurin, directeur de l'École régionale des beaux-arts de Tours, fait l'éloge du jeune artiste. Vimenet devient le portraitiste prisé de grandes familles tourangelles.

1932 Entre aux Beaux-Arts de Paris, dans l'atelier de Paul-Albert Laurens. Parallèlement, il participe au Salon des beaux-arts de Tours, où sa peinture est remarquée.

1933 Fait la connaissance du sculpteur Jean Carton avec qui il sympathise.

1934 A la mort de Paul-Albert Laurens, les étudiants de son atelier, par l'entremise de Jean Nepveu Degas, sollicitent Édouard Vuillard pour qu'il accepte sa succession. Dans un courrier du 15 octobre 1934, Jean Nepveu Degas note : "Réception très cordiale de ce grand artiste si simple et modeste. Mais tous nos arguments ne purent le faire revenir sur un refus sans nulle brusquerie mais obstiné. Les raisons de ce refus tiennent principalement dans la conviction qu'a cet artiste de ce qu'un enseignement très régulier ne se justifie guère (...). Monsieur Vuillard nous a fait le grand honneur de nous proposer de se mettre régulièrement, deux matinées par mois, à la disposition de ceux d'entre nous qui désirent se confier à lui..." Jean Vimenet fait partie de ceux-ci puis demeure l'unique étudiant accepté par Édouard Vuillard, qui le prend en amitié et le soutient dans sa démarche picturale. Il le suit pendant quatre ans.

1936 41e Exposition des amis des arts d'Angers, où il est présenté - ce qu'il réfutait - comme l'élève de Vuillard. Part effectuer son service militaire en avril à Haguenau.

1937 Fait connaissance, lors de l'Exposition universelle, du cinéaste Paul Grimault ainsi que des frères Prévert.

1938 Achève son service militaire et expose au salon des beaux-arts de Tours et au Salon d'automne de Paris où il expose le Joueur de violon. Pour la première fois, il travaille directement pour Édouard Vuillard sur une fresque commandée par la SDN à Genève : les Muses protégeant la paix. Il est chargé par Vuillard d'effectuer le report aux carreaux. Édouard Vuillard voudrait que son jeune protégé rencontre Pierre Bonnard. Fait connaissance cette même année de Chaïm Soutine. Tous deux sympathisent : longues discussions sur les notions de perception. Occupe un temps un ancien atelier de Fernand Léger, qu'il rencontre aussi.

1939Évolution de l'œuvre vers une épure. Mort de son père. Rappel sous les drapeaux en août.

1940 Mort de Vuillard. La perspective de la rencontre avec Pierre Bonnard - installé depuis peu au Canet - disparaît. Vimenet est démobilisé en août.

1941 Pour survivre, l'artiste collabore aux films d'animation de Paul Grimault (les Passagers de la Grande Ourse).

1942/1946 Fait la connaissance d'Alexandre Trauner, d'Henri Alekan, du modèle (notamment de Jean Carton) puis sculpteur Michèle Forgeois qui lui fait rencontrer Picasso au Bateau-lavoir. Il rencontre également Consuelo de Saint-Exupéry chez qui il exécute plusieurs aquarelles. Nouvelle collaboration aux films de Paul Grimault (l'Épouvantail, 1943 ; le Voleur de paratonnerres, 1944 ; la Flûte magique, 1946).

1947/1948 Mort de Bonnard. Nouvelle collaboration à un film de Paul Grimault, sur un scénario de Jacques Prévert (le Petit Soldat, 1947). Éprouvé par la guerre et les quatre années passées, Vimenet veut fuir l'Europe, partir peut-être pour le Mexique. Une amie lui permet de rejoindre les États-Unis. Il y découvre une lumière et un espace différents qui influeront sur l'oeuvre future. Il y réalise plusieurs toiles et dessins, perdus ou détruits pour la plupart. Quitte les Etats-Unis le 5 octobre.

1949 Réside à Paris. Son style pictural évolue : l'Autoportrait à la chemise verte en est le symbole. Collabore à la Bergère et le Ramoneur, de Paul Grimault. Rencontre le poète Maurice Fombeure. Dessine pour les journaux.

1950 Rencontre sa future épouse, la journaliste Jacqueline Weil (Catherine Bergère), qui devient quelques semaines plus tard Catherine Vimenet.

1951 Participe avec plusieurs autres artistes, dont Elsa Enriquez et Paul Grimault à la création des masques des comédiens de Tentative de description d'un dîner de têtes à Paris-France, de Jacques Prévert. Il est très ami avec Pierre Brassaï ainsi qu'avec Maurice Baquet.

1952 Avec le soutien de Jean Carton, Vimenet obtient le Prix Abd el-Tif de peinture : séjour de deux ans à Alger à la villa Abd el-Tif. Il quitte la France en compagnie de l'autre peintre lauréat, Pierre Parsus et sa femme Lucette.

1953 Découverte d'Alger et de ses environs. Le choc est intense. Vimenet parcourt la ville en compagnie de Parsus. En mars, des journalistes l'interrogent : "Quel est votre peintre préféré ?" Réponse : "Cézanne... Avec lui, on apprend. Mais le travail, c'est épurer et non répéter." Une première exposition particulière de Vimenet et Parsus à la Villa a lieu le 7 mai. La presse est élogieuse. L'Écho d'Alger écrit : "Il y a sans doute longtemps que dans cette villa où défile pourtant une part de l'élite des jeunes peintres français, il n'y a pas eu d'exposition de cette classe ni de cet intérêt. (...) Jean Vimenet (...), plus inquiet, plus mesuré, a abordé déjà des étapes différentes, cherchant dans la magie de la couleur pure jusqu'à l'illusion de la matière. Les amateurs de peinture trouveront de lui une grande toile du jardin d'Abd el-Tif couvert de fleurs. Ils y reconnaîtront une très grande toile et sans doute personne depuis qu'il existe des peintres à Abd el-Tif n'a ni abordé un thème aussi ardu, ni si totalement réussi à s'en rendre maître."

1954 Voyage en Kabylie, près de Tizi-Ouzou, à Michelet. Février - mars : exposition à Oran, Galerie Colline. Nouvelle exposition particulière à la Villa Abd el-Tif avec Parsus en novembre : le gouverneur général Roger Léonard, le doyen Jean Alazard et M. Berton, directeur des Beaux-Arts, président le vernissage. Achat d'œuvres par les musées d'Oran, d'Alger et le département des affaires culturelles marocaines. De retour en région parisienne, Jean Vimenet retrouve Pierre Brassaï (il existe une parenté entre plusieurs sculptures miniatures et montage d'objets de celui-ci et l'œuvre ultérieure de Vimenet).

1955 Le Musée d'art moderne et les affaires culturelles de la Ville de Paris acquièrent des œuvres "algériennes". Vimenet expose au Salon des Indépendants (Paris) ainsi qu'en mai, à la galerie Marguerie (48 Bd Malesherbes). L'Aurore note : "Ce jeune peintre expose trop rarement. [...] L'exposition qui vient de s'ouvrir [...] n'en est que plus significative et révélatrice de son évolution, de son enrichissement constant depuis 1945. Elle rassemble l'essentiel de son œuvre africain, cinquante toiles et dessins d'une vigueur, d'une originalité remarquable..." Alexandre Calder, qui apprécie beaucoup son travail, devient un familier des expositions de Jean Vimenet.

1956Exposition de l'Afrique du Nord à Bordeaux et Salon d'automne à Paris.

1957 Février : salon Comparaisons (Musée d'art moderne de la Ville de Paris). Son œuvre, toujours intimiste dans ses sujets, gagne de plus en plus en épure, en identité.

1958/1961 Première période de retrait relatif : il travaille beaucoup et expose peu. Ses toiles, traitées en longs pans verticaux, tendent à une expression plus abstraite. Il réalise notamment une très grande œuvre, en écho à la déchirure algérienne : la Guerre d'Algérie.

1962 Il réside à Cachan. Sa peinture évolue notablement. La couleur est au centre de ses préoccupations. Ses formes colorées sculptent les espaces évoqués. Le végétal est le prétexte idéal de cette exploration. Les intérieurs redeviennent aussi de grands supports d'études. Première exposition de groupe Galerie Cinq-Mars (Bd Hausmann), "Aquarelles et gouaches de..." avec Bazaine, Braque, Carrade, Chagall, Chastel, Dayez, Derieux, Edelmann, Estève, Garbell, Gischia, Lagrange, Lapicque, Lapoujade, Maréchal, Matisse, Miro, Pierre-Humbert, Picasso, Ravel, Rouault, Segonzac, Singer, Vallery-Radot, Vieira da Silva, Villon.
Deuxième exposition de groupe Galerie Cinq-Mars,"50 peintures de...", en compagnie de Asse, Beaudin, Cabus, Chastel, Coulot, Dayez, Derieux, Edelmann, Garbell, Gastaud, Geer Van Velde, Gischia, Lagrange, Lapicque, Lapoujade, Maréchal, Piaubert, Pierre-Humbert, Pignon, Ravel, Schiffman, Vallery-Radot et Lobo.

1963 Exposition Cercle Volney, à l'occasion des États généraux du désarmement. Exposition de lithographies à Amsterdam.

1964 Exposition particulière Galerie Cinq-Mars, autour du thème de l'oiseau. La presse réagit : "Vimenet, avec un certain souvenir du cubisme, représente toutes les variations de l'objet dans une palette claire qui ne nuit pas à la rigueur de son style." (Paris-Presse - L'Intransigeant). Son travail est de plus en plus fluide : il utilise beaucoup les encres de couleurs. Nouvelle exposition de groupe à la Galerie Cinq-Mars : "Affiches, estampes, dessins", en compagnie de Beaudin, Ben Dov, Borès, Cabus, Chastel, Dayez, Dérieux, Edelmann, Gischia, Lagrange, Lapicque, Maréchal, Pierre-Humbert, Pignon, Ravel, Singer, Geer Van Velde.

1965 Il travaille à deux séries principales : "Femmes à la machine" et "Poissons dans le bocal". En octobre, la Galerie Cinq-Mars l'accueille une nouvelle fois pour présenter des œuvres de cette dernière série. Jacques Michel écrit dans le Monde : "[Vimenet] s'est aujourd'hui libéré de la forme dure, du trait tranchant, et prend goût à l'arabesque, à l'indétermination du flou. Tout compte fait, Vimenet y gagne en richesse d'expression." (22 octobre). Durant l'été, il effectue un long voyage en Crète. Il séjourne trois mois dans un petit village isolé du Sud, Arvi. Retrouvant une lumière méditerranéenne, plus violente que celle d'Algérie, il en ramène une moisson solarisée.

1966 Ces notes donnent lieu à une série de toiles et de dessins, dont le sujet exclusif cherche à capter la saturation de la lumière crétoise. Première exposition des artistes de Cachan et d'Ile-de-France. A Pâques, voyage aux Pays-Bas pour voir de plus près les grands maîtres du Nord, particulièrement Rubens, Van Gogh, Rembrandt. Septembre/octobre : tournage du film de Robert Bresson, Mouchette. Vimenet est Mathieu, le garde-chasse.

1967 Ce tournage est le point de départ d'un travail puis d'expositions particulières, "Portrait d'un film", à Paris (Galerie du Passeur, rue du Bac, 75007) et à Cannes. Il s'installe à Croissy-sur-Seine, où ses conditions de travail sont plus difficiles. Deuxième période de retrait relatif : il travaille beaucoup mais se contente d'exposer annuellement à la Biennale de Cachan.

1968 Il revient à des thèmes champêtres. Deuxième Biennale des artistes de Cachan et d'Ile-de-France. Il commence un travail sculpté.

1969 Poursuite du travail sculpté. Série de dessins à la plume très grand format. Mort de sa mère.

1970 Troisième Biennale des artistes de Cachan et d'Ile-de-France.

1971 Série de dessins très libres et joyeux, alternant souvent encre de Chine et encres de couleurs, presque "picassiens" (la Portugaise). Poursuite de son travail sculpté.

1972 Quatrième Biennale des artistes de Cachan et d'Ile-de-France, peinture et sculpture.

1973 Poursuite de son travail sculpté et introduction de ses premiers "os transformés".

1975 Cinquième Biennale des artistes de Cachan et d'Ile-de-France, peinture.

1977 Parmi ses os peints du moment, la Femme assise de dos, délicat travail d'altération et de trompe-l'oeil : ce petit os d'à peine 20 centimètres devient une œuvre peinte et sculptée, aux matières subtiles.

1979 La plaine de Croissy lui inspire plusieurs nouvelles toiles. Il peint un très grand format, anti-photo d'un éternel instant, le Dimanche à Croissy. Sixième Biennale des artistes de Cachan et d'Ile-de-France, peinture et dessin grand format.

1980 Il s'installe en Touraine, près de Descartes, dans le village de Neuilly-le-Brignon. Il déclare dans la Nouvelle République du Centre-Ouest : "Ce retour aux sources agit sur moi comme un baume de jouvence. Je n'ai jamais tant travaillé. Loin du tumulte et des parlotes de Paris, je redécouvre la lumière de mon pays..."

1981 Septembre/octobre : première exposition rétrospective à l'église Saint-Laurent de Beaulieu-lès-Loches (Indre-et-Loire), "Cinquante années de peinture". Octobre : galerie Lavoisier, sculptures (Tours). Exposition particulière d'œuvres récentes à Tours (Siège social de la Banque populaire). Son travail d'objets, autour de cailloux, de bois et d'os s'amplifie.

1982 Septième Biennale des artistes de Cachan et d'Ile-de-France, peinture. Juin/septembre : participation à l'exposition de groupe "L'espace d'un été", Institut audiovisuel (Paris).

1983 Janvier/février : exposition particulière, peintures, sculptures et dessins, La Tuilerie, centre culturel de Chambourg-sur-Indre (1re exposition publique de la Guerre d'Algérie). Parution du livre Vimenet, la statue sans socle, de Pascal Vimenet (Edition Hervas, Paris). Le Monde réagit à la publication de l'ouvrage : "Ses toiles à la suite de Turner et des nabis font voyager l'oeil dans la lumière et les couleurs (...).Depuis les années 30, {Jean Vimenet} suit le même fil invisible vers la nuance et le rythme". Il fait la connaissance du conservateur du Musée national des beaux-arts de Tours, Jacques Nicourt. L'estime réciproque devient indéfectible amitié. Elle aura des suites.

1984 Exposition rétrospective à la galerie Weber (Hilton - Genève).

1985 20 septembre-1er décembre, rétrospective de 104 oeuvres au Musée national des beaux-arts de Tours (Indre-et-Loire). Jacques Nicourt en préface le catalogue. La Nouvelle République du Centre-Ouest note : "Il est rare qu'un musée des beaux-arts organise une exposition sur un peintre vivant, situé en dehors des modes, de surcroît, et celle-ci représente une juste consécration pour Jean Vimenet...." Vimenet figure au Grand Dictionnaire encyclopédique Larousse, tome X (p. 10 789).

1987 Exposition "Regards - artistes connus et méconnus de la collection Pierre et Denise Lévy" (Musée du Florival, Guebwiller - Alsace).

1988 Il peint un grand triptyque, Planète minérale.

1990 Présentation privée de 80 oeuvres au château de Thenay (Vienne), proposée par Joss et Jean-Dominique Leroy.

1991-1993 Trois expositions particulières au château de Thenay.

1993 Exposition particulière à l'occasion de l'inauguration du Centre culturel de la ville de Descartes (Indre-et-Loire). André Glucksman est présent.

1996 Début de tournage du film documentaire Cet homme à la chemise verte (Un peintre secret); Jacques Nicourt y tient le rôle de l'interlocuteur.

1998 Fin du tournage du film documentaire Cet homme à la chemise verte (Un peintre secret). Jean Vimenet en voit la copie de travail montée. Le film est inédit depuis.

1999 Jean Vimenet décède à Tours, le 26 mai.

2000 23 mars, création de l'association Jean Vimenet, son œuvre. 25 juin, pose d'une plaque commémorative à Neuilly-le-Brignon. Premier hommage en région Centre : 26 octobre - 18 novembre : "Parcours" (30 photographies et reproductions à la Fnac-Tours); 8 - 21 novembre : "Peinture et cinéma" (40 photographies et oeuvres aux Cinémas Studio de Tours); 2 novembre - 2 décembre : "Dans l'ombre projetée du mouvement des nabis" (150 oeuvres exposées au Centre culturel communal de Descartes); projections et interventions, du 26 octobre au 15 décembre, dans 20 salles de cinéma de la région Centre, dont Orléans.

 


Commentaire sur l'artiste


Jean Vimenet est un artiste rare. Rare par la richesse d'expression originale dont il a su faire preuve tout au long d'un parcours qui a traversé le siècle passé. Rare par sa discrétion qui a bien failli l'effacer de la mémoire de notre époque pressée et oublieuse. Rare par sa constance inébranlable à saisir la sensation chromatique comme poésie du monde. Rare enfin par sa croyance inaltérée en la vie et en l'humain.

Le temps et le recul qui, inéluctablement, sont survenus, permettent désormais au flâneur attentif de saisir la force et la cohérence d'un processus créatif qui commence à la fin des années 20 pour s'achever en 1999.

Jean Vimenet, à l'image d'un de ses premiers amis artistes, le sculpteur Jean Carton, croyait au vrai travail et à la simplicité. Sa recherche était vécue comme un jeu et une joie où seule comptait la réussite de ce "qui tient". C'est-à-dire de ce qui est solide et justifié du point de vue du graphisme, de la composition et/ou du chromatisme. Le reste - virtuosité, modes, notoriété, coterie, critères commerciaux - était exclu pour ne laisser jouer qu'un seul étalon, celui de l'authenticité.

Travail d'exploration, l'œuvre de Vimenet présente l'immense qualité, tout en gardant une cohésion intérieure profonde, de ne jamais s'enfermer dans une répétition facile. Le chromatisme et le graphisme ou la matière - lorsque l'artiste se met à sculpter pierres et bois - semblent attiser sans relâche une même obsession, avec un même étonnement renouvelé. Le battement du vivant. Ce qui, par définition, échappe.

Et l'artiste, à l'image de ses autoportraits, n'est pas là en exhibitionniste mais en songeur tourmenté, en visionnaire chromatique, en démiurge des jeux de lumière.

Sa palette, qu'elle appartienne aux années 30 ou aux années 60, si elle propose, au fur et à mesure du temps qui passe, un éclaircissement, une solarisation optimiste et communicative, n'en demeure pas moins fidèle aux couleurs de prédilection des débuts. Des ocres jaunes, presque métaphysiques, des bleus profonds très "intérieurs", toujours des surgissements d'éclats, de clarté, tous les signes d'une épiphanie chromatique.

Épicurien et ironique séducteur, Vimenet célèbre à chaque fois les minuscules miracles perpétuels de la vie, respectant l'héritage classique tout en le détournant de mille manières : banalisation ou éviction du sujet, jeu sur les formats, techniques mixtes. Son œuvre, dont l'origine est empreinte de l'influence nabi et a éprouvé des "affinités électives" lors de l'exceptionnelle rencontre de l'artiste très jeune et d'Édouard Vuillard, procède des mêmes principes. Humour, intimisme, utilisation des couleurs pour la spatialité, construction "cézanienne", modernisme graphique.

Dans les œuvres des années 30 dominent le vibrant et l'inachevé, en tant que figures de l'instant. Dans celles des années algériennes, la fugacité semble surgir d'aplats chromatiques plus denses et plus libres à la fois. Dans les œuvres des années 60, se manifeste le principe fondateur de l'œuvre entier : perpétuelle pirouette de variations sur plusieurs thèmes (les poissons, les femmes à la machine, les jardins, les fenêtres, portrait d'un film...), travail refondateur où ce qui est interrogé est en définitive la praxis même de l'artiste.


Coupures de presse

1953 : "On devine dans cette œuvre une tension de l'esprit, de la sensibilité, une lutte pour mieux pénétrer et traduire les thèmes ainsi renouvelés. Les sujets? La villa; les jardins somptueux découverts dans l'encadrement d'une fenêtre; la rade ouverte sous [ses] yeux [lui a] proposé des thèmes suffisants pour [ses] premières armes algériennes; et aussi Tipasa, Bou-Haroun, les ports minuscules de la côte. Vimenet a ajouté à ses découvertes du paysage des portraits et surtout des études savoureuses de l'enfant Lounet, vingt mois, le sien (...). N'omettons pas de signaler encore, à l'actif de cet artiste, vraiment complet, un "Buste de Catherine", d'un modelé ferme et franc, enfermant une vérité qui ne se contente pas de la forme extérieure mais s'exprime en profondeur". (presse algéroise)

1953 : "Sensible à une poésie intime que lui suggère la nature, [Vimenet] s'exprime avec simplicité et se contente de dire l'essentiel pour dire beaucoup de choses subtiles. Les Ruines de Tipasa, dans leurs décors d'arbres et de ciel, chantent la lumière avec des accords justes, mesurés. La grande plaine rouge devant les montagnes de Blida n'est pas une des moindres conquêtes du peintre : les jeux de la lumière dans les vagues et les rochers sont une douce musique de chambre. (...) C'est un peintre authentique." (Dépêche quotidienne - 7 mai)

1954 : "Vimenet a, lui aussi, tenu ses promesses. Largement. [...] L'intimisme se révèle dans une composition magistrale : le Repas du soir [...]. Il en jaillit une émotion d'artiste cultivé qui ne néglige aucune nuance du sentiment." (presse algéroise)

1955 : "Travaillant en Algérie, Vimenet s'est gardé de toute couleur locale facile; son refus de toute facilité est d'ailleurs plus général : son art est d'une vigueur et d'une solidité exceptionnelle donnant l'impression d'une maîtrise. Calmes natures mortes riches en notations multicolores, feuillages enchevêtrés qui croulent en cascades jusqu'au rivage, un très calme et émouvant Repas du soir (on pense à Vuillard), autant de toiles remarquables, construites à partir d'un dessin très sûr." (Arts)

1955 : "Il a su se débarrasser de cette lourde influence [celle de Vuillard] pour arriver à cette belle peinture, colorée et chantante, vigoureuse et nuancée où la virilité s'allie à une émouvante sensibilité." (Maurice Fombeure)

1964 : "Vimenet avec un certain souvenir du cubisme, représente toutes les variations de l'objet dans une palette claire qui ne nuit pas à la rigueur de son style." (Paris-Presse l'intransigeant)

1964 : "La nature est latente dans la peinture de Vimenet et quelquefois à peine transposée. [...] Tantôt la matière est épaisse et riche, plus souvent elle a des grâces de pastel. Mais l'œuvre est toujours très écrite, les rapports justes, le chromatisme élevé, ce qui est toujours une direction picturale. Vimenet a pleinement le sens de l'espace et de la synthèse." (Combat, François Pluchart)

1967 : "On ne peut s'étonner qu'un peintre ait été inspiré par un sujet si riche en possibilités plastiques et captivé par le spectacle d'un studio en pleine activité (...). Picturalement à la limite du figuratif, le sujet a été parfaitement transcendé, les formes épurées se détachent en ombres chinoises et semblent danser. Pour ce surprenant ballet, Jean Vimenet a retenu les couleurs les plus significatives (...). Il a su éviter l'écueil qui consistait à peindre le film d'un film et a ainsi fixé pour longtemps le portrait du cinéma." (Les Lettres françaises)

1967 : "Le peintre devenu acteur nous donne une vision très personnelle de l'envers du cinéma : sunlights qui cassent les formes et reconstruisent un nouvel univers de volumes et de lignes (...). Tout un monde dont Jean Vimenet déclare qu'il l'a trouvé aussi passionnant que celui de la tauromachie." (le Nouvel Observateur)

1967 : "Les toiles de Jean Vimenet témoignent de cette ambiance [dramatique]. Peintes en noir et blanc, comme le film, elles sont presque toutes peuplées de personnages fantasmagoriques exécutant un ballet insolite dans l'ombre. (...) La couleur, cependant, n'en est pas totalement absente : outre les jaunes qui dominent un peu partout, elle explose dans [plusieurs] compositions." (le Coopérateur, François Martinez)

1983 : "Ses toiles, à la suite de Turner et des nabis, font voyager l'oeil dans la lumière et les couleurs (...). Depuis les années 30, [Jean Vimenet] suit le même fil invisible vers la nuance et le rythme." (le Monde)

1985 : "Il est rare qu'un musée des beaux-arts organise une exposition sur un peintre vivant, situé en dehors des modes, de surcroît, et celle-ci représente une juste consécration pour Jean Vimenet." (la Nouvelle République du Centre-Ouest)

1985 : Grand Dictionnaire encyclopédique Larousse

1988 : "Le peintre est un promeneur, plus encore Jean Vimenet. Il aime les voyages, connut l'Algérie, l'Italie, les régions de France, vécut à Paris et dans les cités d'Ile-de-France avant de retourner s'installer à quelques lieues de sa ville natale, Tours. (...) Si l'artiste est chercheur d'or, et Jean Vimenet plus que tout autre ressemble à ces colosses barbus qui partaient pour les terres aurifères de l'Ouest, il est avant tout poète, préférant à cet étrange instinct vénal de la possession, la fièvre de la quête, la joie de découvrir." (la Tribune de Genève, Claude Jeancolas)

 


Oeuvres appartenant aux musées ou aux grandes collections privées

Terre rouge de Tipasa, huile sur toile, 1953 (achat 1956 : gouvernement Chérifien du Maroc)

Vue d'Alger, aquarelle, 45 x 41, 1953 (achat 1955 : Ministère de l'éducation nationale, direction des arts et des lettres, transféré au Musée d'art moderne, Centre Georges-Pompidou)

3 eaux-fortes (Alger / Le Port / La Rade), datées de 1954, tirées en 1983 (Bibliothèque nationale de Paris - Signalées dans son catalogue Dix ans d'enrichissement du Cabinet des estampes, De Bonnard à Baselitz, 1978 - 1988, p. V 419, Paris, juin 1992)

La Rue des Bouchers, huile sur carton, 54 x 41, 1952 (Musée d'art et d'histoire de Narbonne, entrée : novembre 2000)

La Rade d'Alger, huile sur toile, 96 x 130, 1954 (Musée des beaux-arts de Tours, entrée : février 2001)

9 œuvres collection Pierre Lévy (Femme à la fenêtre, huile sur toile, 33 x 41, 1933; Nature morte aux cuivres, huile sur toile, 91 x 72,5, 1935; les Glaïeuls à la fenêtre, huile sur toile, 20 x 46, 1938; Intérieur, huile sur toile, 80,5 x 65,5, 1946) (Étude de mains, sanguine, 40 x 25,5, 1945; Nu femme couché, sanguine sur papier, 67 x 52, 1945; Kabylie, Silhouettes arabes, dessin aquarellé sur papier, 10,5 x 16,5, 1953; la Repasseuse, dessin encre de Chine sur papier, 43 x 61,5, 1963; Paysage Neuilly-le-Brignon, dessin crayon de couleur sur papier, 22 x 16, 1980)

 


Ouvrages ou publications de référence

Cote des peintres, Akoun (Éditions de l'Amateur, p. 473, édit. 1992)

Vimenet, la Statue sans socle (Pascal Vimenet, Éditions Hervas, 90 p., 14 reproductions couleurs, 39 noir et blanc, Paris 1983)

Jean Vimenet, rétrospective - 20 septembre - 1er décembre 1985 (Musée des Beaux-Arts de Tours, avec une préface du Conservateur des Musées de Tours, 24 p., 10 reproductions couleurs, 7 noir et blanc, Tours 1985)

Hommage à Jean Vimenet - "Dans l'ombre projetée du mouvement des nabis" -2 novembre - 2 décembre 2000 (Association Jean Vimenet, son œuvre, plusieurs témoignages, 36 p., 12 reproductions couleurs, 6 noir et blanc, Descartes 2000)

La Villa Abd el-Tif, 1907 - 1962 (Élizabeth Cazenave, 320 p., 1 article et 1 reproduction couleurs sur Vimenet, Association Abd el-Tif, Paris, 1998)

Vimenet 1914 - 1999, Journal d'exposition (Musée Roger-Quilliot, 8 p. grand format, 8 reproductions couleurs, 6 noir et blanc, Clermont-Ferrand, janvier 2002)

L'Algérie des peintres, 1830 - 1960 (Marion Vidal-Bué, 286 p., 400 illustrations couleurs, 1 article et 1 reproduction couleurs sur Vimenet, Paris, septembre 2002)

La Peinture des nabis (part importante sur l'œuvre de Jean Vimenet) (Claude Jeancolas, FVW éditions, 216 p., 175 illustrations couleurs, Paris, septembre 2002)

 


L'association

Origine

A l'origine de la création de l'association Jean Vimenet, son œuvre, il y a la conviction profonde des proches, d'amis et de collectionneurs qui admiraient l'artiste, décédé en mai 1999 : son oeuvre, bien qu'inconnue du grand public, ne devait pas se perdre. Ses qualités devaient être valorisées par des manifestations réfléchies et enrichir le patrimoine commun.

L'association est créée le 23 mars 2000. Parmi ses membres fondateurs figurent l'épouse de l'artiste, ancienne journaliste, Mme Catherine Vimenet, M. Jacques Nicourt, conservateur en chef honoraire au patrimoine, M. Gabriel Allignet, dessinateur, ancien membre du Studio des films Paul Grimault, M. François Martinez, écrivain, M. et Mme Schreiber, psychanalystes.

L'association est dirigée par un conseil d'administration de neuf membres qui a élu un bureau composé de trois des siens (Présidente : Claudine Lemaître, ancienne chef d'équipe de la correction au Monde ; Trésorière : Pascale Nicourt, archéologue; Vice-Président et secrétaire : Pascal Vimenet, cinéaste).

Au fil de ses interventions, l'association a su regrouper des passionnés, convaincre de nombreux interlocuteurs et compte désormais près de 130 adhérents, répartis sur tout le territoire français et dans quelques pays étrangers. Un quota important de ses membres réside en région Centre et notamment en Touraine, d'où l'artiste était originaire. Sa vocation est de faire connaître et inscrire durablement cette œuvre, à l'échelle nationale et internationale, auprès des institutions muséales, des centres d'art contemporains, des galeries et des collectionneurs, des réseaux artistiques et d'écoles de beaux-arts, de divers décideurs et institutions, des critiques, des universitaires et des artistes. Elle vise également à regrouper une collection pérenne exposable durablement.

 

Actions engagées par l'association Jean Vimenet, son œuvre

25 juin 2000, Neuilly-le-Brignon : première apparition publique à Neuilly-le-Brignon, village de résidence de l'artiste, lors de l'inauguration de l'Espace de loisirs Jean Vimenet. La presse s'en fait l'écho.

Automne 2000 à Descartes, en Indre-et-Loire et dans la région Centre. Premier hommage : "Dans l'ombre projetée du mouvement des nabis /Hommage à Jean Vimenet, un artiste du XXe siècle". 150 œuvres présentées au Centre culturel de Descartes, du 2 novembre au 2 décembre 2000 (800 visiteurs); une exposition photographique à la FNAC de Tours (plus de 1000 visiteurs); une exposition photographique au cinéma d'art et d'essai les Studios de Tours (800 visiteurs-spectateurs); une exposition photographique au cinéma Les Carmes à Orléans (500 visiteurs-spectateurs); 7 programmes cinématographiques, regroupant plus de 20 films auxquels Jean Vimenet avait collaboré, projetés, du 15 octobre au 15 décembre 2000, dans plus de 15 salles d'art et d'essai de la région Centre.

25 novembre 2000, Narbonne : accompagnement de la donation d'une toile de la famille Vimenet (la Rue des bouchers, décembre 1952) au musée d'art et d'histoire de Narbonne, présence au vernissage de l'exposition "le Mirage oriental" inaugurant la première section d'un musée consacrée aux artistes ayant séjourné à la Villa Abd el-Tif.

16 février 2001, Tours : accompagnement de la donation d'une toile de la famille Vimenet (la Rade d'Alger, 1954) au musée des Beaux-Arts de Tours, présence au vernissage de l'exposition "Hommage aux donateurs, 1996 - 2000".

2 juin 2001, Neuilly-le-Brignon : participation au Rassemblement des Neuilly de France à Neuilly-le-Brignon, exposition d'une grande toile (le Dimanche à Croissy) et édition d'un tirage limité d'étiquettes reproduisant le dessin à la plume, les Peupliers (Jean Vimenet, 1981), pour un cru de vin régional.

10 octobre - 31 octobre 2001, Paris : aide à la conception de l'invitation, de l'affiche et du dossier de presse pour l'exposition "Jean Vimenet, 1914 - 1999" à la galerie Philippe Heim, à la sélection des oeuvres et à l'accrochage.

30 janvier - 3 mars 2002, Clermont-Ferrand : conception, en collaboration avec le XXIVe Festival du court-métrage et le Musée d'art Roger-Quilliot, d'une programmation filmique rétrospective "Hommage à Jean Vimenet", incluse dans le festival, et d'une exposition de près de 200 œuvres au Musée, comprenant l'élaboration d'un dossier de presse, d'un carton d'invitation, d'une affiche, et d'un Journal de l'exposition - tous édités et soutenus par le Ministère de la culture et de la communication, la Ville de Clermont-Ferrand, le Musée d'art Roger-Quilliot ainsi que par l'association. A cette occasion, une carte postale spéciale, reprenant l'iconographie de l'affiche, est tirée à 15 000 exemplaires et diffusée gratuitement durant le festival par la Ville de Clermont-Ferrand. Fréquentation : plus de 5000 visiteurs.

23 - 28 avril 2002, Quimper : Double hommage cinématographique et pictural nouveau avec l'association Gros Plan, directrice de la manifestation cinématographique "Les Transversales" : présentation de toiles autour de la transmission, présentation des films Mouchette, de Robert Bresson (Jean Vimenet y est acteur), de Cet homme à la chemise verte (documentaire sur Jean Vimenet). L'exposition inaugure la manifestation, l'image de l'invitation générale est celle de l'Autoportrait à la chemise verte (1949). Les Transversales rendent simultanément hommage (affiche) à Jean Rouch et Jean Vimenet.

20 octobre - 22 décembre 2002 : "Miroitements", exposition à la galerie-restaurant "Le Temps détourné" à Vétheuil (Val-d'Oise).

Printemps 2001 - 2002 : élaboration et soumissionnement du projet de réhabilitation patrimoniale et de l'affectation artistique du site du Louroux auprès des institutions du Centre. Adoption du projet initial pour une étude de faisabilité le 13 décembre 2001 par la direction de la Communauté de communes du Grand Ligueillois, Projet abandonné en 2002..

26 avril - 4 septembre 2006 : "Métamorphoses" - 90 œuvres exposé au musée de Royan.

9 décembre 2006 – 12 janvier 2007 "Un coin d’atelier", 50 œuvres sur papier à la galerie-restaurant "Le temps retrouvé" à Saint-Avertin (Indre-et-Loire)

1er – 30 juin 2007 "Peintures et dessins de Vimenet" au Château-d’Oléron, salle du Bastion royal de la Citadelle, île d’Oléron (Charente-Maritime).

1er avril – 27 mai 2010 "Aquarelles et gouaches pour quatre saisons, les années Touraine" à la galerie-restaurant "Le temps retrouvé" à Saint-Avertin (Indre-et-Loire).

7 mai – 9 juillet 2010  "Peindre le cinéma" (autour de Mouchette, de Robert Bresson) au cinéma L’Eldorado, à l’occasion de l’inauguration de la salle Pierre-Bergé (sous son mécénat) à Saint-Pierre d’Oléron, île d’Oléron (Charente-Maritime). Exposition accompagnée de kakemonos imprimés contextualisant le travail de l’artiste.

2000 – 2010  Inventaire, catalogage, numérisation photographique, encadrement et restauration progressive de l’œuvre. Recherche et rassemblement d’une documentation variée sur l’œuvre et ses contextes. Production éditoriale et filmique.


 



Édition

Hommage à Jean Vimenet - "Dans l'ombre projetée du mouvement des nabis" -2 novembre - 2 décembre 2000 (Association Jean Vimenet, son oeuvre, plusieurs témoignages, 36 p., 12 reproductions couleurs, 6 noir et blanc, Descartes 2000)

Une vie de chien ou l'histoire de Charlot (fac-similé d'une bande dessinée publiée en 1952 dans Libération illustrées par 200 dessins retrouvés de Jean Vimenet, préfaces de Marthe Romains, créatrice des textes de la bande et de Catherine Vimenet, 120 p.)

Jean Vimenet, peintre et sculpteur (26 avril - 4 septembre 2006 - Musée de Royan), catalogue 56 p., 38 reproductions couleurs, 12 noir et blanc - Royan 2006.

12 cartes postales


Pour nous joindre, voire nous rejoindre :

Jean Vimenet, son œuvre

4, place du 18 juin
17260 Saint-André-de-Lidon
Tél. 05 46 92 78 56

Mail. jvsoe.lemaitre@wanadoo.fr


Adhésion - (cliquer ici pour remplir le formulaire)

 

Légende des photographies 
(© photos : Paul Richard, Manuel Vimenet, Jean Vimenet, son œuvre / Tous droits réservés)